TURBO SANS VISA

Yuna Le Braz : Dj Wonderbraz / Thierry Salvert : VJ Bad Green

Marion Gwenn : Chant / K-Smile : chant / Gurvan Le Gac : flûtes

Guest possible : Erik Marchand : Chant

Iota (arrangeur) - B-Roy (arrangeur)


TURBO SANS VISA
La chef cuistot qui concocte aux platines ces musiques qui secouent la carcasse, c’est Wonderbraz. Et elle est entourée d’une sacrée brigade.
Il y a VJ Badgreen qui remet inlassablement le couvert avec ses bouts de films dénichés aux quatre coins du monde et retravaillés en rythme. Marion Gwenn qui fait monter la sauce sur les textes en bretons d’Erik Marchand. Le rappeur sénégalais K-Smile qui fait revenir textes en wolof et en anglais. Et pour assaisonner le tout, les envolées free style du flûtiste Gurvan le Gac.
Mais où vont-ils chercher tout ça ?
Sans doute, un peu du côté des recettes d’Erik Marchand, incontournable interprète des musiques traditionnelles de Bretagne. Compositeur, capteur de mélodies et de techniques du Kreiz Breizh ou des Balkans, il est le socle de ce projet décalé. Il a fait s’emboîter, se heurter les leads et les rythmiques d’Ankara et de Bâb El Oued, de Bucarest et de Spézet.
A l’intersection de ce que véhicule la sono mondiale depuis plusieurs années, Turbo Sans Visa s’est engagé dans l’exploration, le métissage, en confondant les géographies, les origines, les formes, les genres.
Volutes kaléidoscopiques, séquences répétitives d’images de danseurs du monde, mélodies bretonnes, danseurs berbères ou tchèques… Tout ce mélange, sans âge, ni nationalité… Du chaos du monde, capté par les cinq artistes, surgissent des ondes, des vagues rythmiques, des voix, des pulsations qui débouchent sur la reconstitution d’un patrimoine imaginaire, sur l’émergence de racines anciennes. A frapper du pied, onduler de l’épaule, relier le corps à des origines nouvelles, un nouveau territoire se dessine alors. Le traditionnel devient soudain contemporain et le contemporain semble dès lors ressurgir du lointain, sur les pas de la transe et de la communion, vers un nouveau rituel.
En ces heures sombres où d'aucuns voudraient que les frontières se referment, Turbo Sans Visa lutte pour la libre circulation, l’ouverture d’esprit sur le monde, sur ses hommes, ses femmes, ses cultures et prône le rassemblement humain…Aussi archaïque que surréaliste, aussi moderne que futuriste. Avec Turbo, toutes les frontières sont explosées.

PRÉSENTATION DU PROJET
Le point de départ de « TURBO SANS VISA » est la pratique de Yuna Le Braz, dont les
performances « live » attachées au mixage des styles musicaux, ont décloisonné les
genres. Plus qu’un style, c’est l’aptitude à rendre perméables les musiques habituellement
organisées dans des cases, qu’elles soient géographiques ou stylistiques. L’arrivée de l’ère
DJ’ a ouvert d’autres pistes musicales, sonores, d’autres sensations, performances,
pratiques, réflexions, usages des tempos, atmosphères, métissant sans relâche
les sources et les grammaires musicales.
Une autre partie du projet est la voix, celle d’Erik Marchand, connu pour ses multiples
collaborations avec des musiciens du monde entier, tissant des ponts avec Hameed khan,
Thierry Robin, le Taraf de Caransebes, Okay Temiz, Paolo Fresu, Rodolphe Burger, et des
musiciens de Bretagne aujourd’hui incontournables comme Jacky Molard, Jacques Pellen...
A ces deux aspects vient s'ajouter, à la manière d'un carnet de voyages sans frontières et
surréaliste, une sélection d'images d’archives et de video glanées ici et là : vidéos
amateurs, scènes de mariage, bal, extraits de documentaires, et créations plus
personnelles du vidéaste Thierry Salvert.Il ne s'agit pas ici d’illustrations mais bien d’un
regard croisé et décalé. Les images d’Europe de l’est, de Bretagne ou d’Afrique se
mélangent les unes aux autres dans un joyeux « bazar » organisé. Elles se transforment
comme un plasticien travaillerait la matière, un musicien son instrument, un écrivain les
histoires et les mots, un danseur son corps et ses mouvements.
Dans ce projet il s’agit donc de partir de l'expérience des trois artistes, en se posant à
l’intersection de ce que la sono mondiale « véhicule », en faisant se nouer le traditionnel
contemporain et les inventions sonores des nouveaux rituels (DJ’ et VJ'). Il s’agit ici de
traverser certaines musiques qu’ils ont pu travailler, chacun dans son parcours, d’Europe
de l’Est, du Maghreb, d’Afrique Noire et de Bretagne. C’est donc une appropriation, une
exploration des musiques d’aujourd’hui-d’hier, le trait d’union indiquant la réciprocité des
deux temps, à travers une double création sonore et visuelle, n’en faisant plus qu’une : le
son DJ’ et l’image VJ’.

ERIK MARCHAND
« Depuis une vingtaine d'années, Erik Marchand incarne une Bretagne ouverte et fdèle sans doute mieux que quiconque »
B. Dicale
Chanteur et clarinettiste, Erik MARCHAND est l'un des artisans de la musique bretonne actuelle dont l'évolution et la riche diversité musicale sont pensées, on peut le dire, de manière philosophique.
Né à Paris d'une famille originaire de Quelneuc en pays Gallo, il oscille dans son enfance entre un grand-père qui chante et un père qui joue de la guitare. Amateur de musiques du monde, il découvre, pendant son adolescence, un enregistrement de
fest-noz que son père possède. C'est le déclic.
Les enregistrements entendus à Paris dans sa jeunesse dans lecercle familial sont déterminants. Erik Marchand se lance alors dans le collectage de chants traditionnels, participe à un cercle celtique, chante en gallo dans les festoù-noz de la capitale, apprend le breton, découvre la voix de son futur maître de chant Manuel Kerjean, vient s'installer en bretagne.
Il y chante, joue de la clarinette bretonne (Treujenn Gaol), découvre à Dastum (où il
travaille) la voix de Madame Bertrand et les superbes mélodies de ses gwerzioù, se
passionne pour ce répertoire qui disparaît progressivement et se met à son tour à
l'interpréter... Il devient, en même temps que Yann-Fañch Kemener, un des premiers
chanteurs professionnels de la tradition populaire bretonne.
On l'entend en fest-noz et/ou concert avec Manuel Kerjean, Marcel Guilloux, Yann-Fañch Kemener, avec le groupe Cabestan (Arnaud Maisonneuve), le Trio de Gilbert Bourdin et Christian Dautel , le groupe emblématique Gwerz, le Quintet de clarinettes de Michel Aumont, etc.
Avec le guitariste et oudiste Thierry Robin, il entame en 1988 un travail d'analyse et de
repérage musicaux du Centre Bretagne (des modes très proches des musiques orientales). Rejoints par le tabla indien Hameed Khan, ils signent deux enregistrements couronnés de distinctions.
Passionné par les Balkans, il séjourne plusieurs mois par an dans la région du Banat en Roumanie, apprend le roumain, grave avec le Taraf de Caransebes et des solistes
virtuoses de réjouissants mano a mano balkano-bretons, enregistrements de référence.
Suivront des incursions dans le monde du jazz, avec Jacques Pellen et le trompettiste
sarde Paolo Fresu notamment, la production de disques de musiques tziganes et
roumaines, la création du label Innacor (avec Jacky Molard et Bertrand Dupont).
Pour transmettre et former, il crée avec son association DROM, la Kreiz Breizh Akademi, séminaire d'un ou deux ans pendant lequel de jeunes musiciens suivent les masterclasses de maîtres de musique venus des quatre coins du monde, bâtissant avec ces mentors un répertoire innovant issu de la musique bretonne et basée sur la modalité. Il travaille parallèlement à la création d'un pôle de la modalité qui réunirait les différents acteurs internationaux (interprètes, compositeurs, luthiers, pédagogues et musicologues) intéressés par la musique modale.